L’expérience du Maroc en matière de lutte contre la corruption exposée au Caire

7 décembre 2009
Le Caire, 07/12/09 – L’expérience institutionnelle du Maroc en matière de lutte contre la corruption a été au centre d’un atelier de travail sur “les meilleures pratiques pour réaliser la transparence”, initié dimanche et lundi au Caire avec la participation de pays asiatiques et du Moyen-Orient.

A cette occasion, Moulay Hassan Alaoui Slimani, chef de cabinet du président de l’Instance centrale pour la prévention de la corruption (ICPC), a rappelé les grandes lignes de la politique marocaine en matière de lutte contre la prévarication, ainsi que les actions menées et les mécanismes de travail des différentes institutions gouvernementales et non-gouvernementales oeuvrant dans ce domaine.

 M. Alaoui a tenu à mettre la lumière sur l’expérience du Maroc, qui a veillé à la mise en place d’un arsenal juridique global et intégré et d’une politique multisectorielle de prévention, ainsi qu’au respect de la séparation entre les mécanismes préventifs et répressifs.

 Il a également rappelé les efforts déployés pour la concrétisation d’une approche globale et partenariale permettant l’élaboration en 2005 d’un plan national de lutte contre la corruption en collaboration avec les secteurs concernés et en coordination avec les potentialités sociétales.

 Ce programme à long et moyen termes, a-t-il fait savoir, vise à soutenir le système de transparence au niveau national pour permettre au Maroc d’honorer ses engagements et d’être en conformité avec la convention de l’ONU relative à la lutte contre le fléau.

 M. Alaoui a, par ailleurs, mis l’accent sur certaines difficultés auxquelles fait face la politique de lutte contre la corruption au Maroc, particulièrement l’absence d’indicateurs objectifs et précis pour mesurer l’ampleur du phénomène, les “tentatives de résistance à la réforme” et les “cumuls au niveau de la gestion des services publics”.

 Pour faire face à ces contraintes, il a souligné la nécessité d’une mobilisation générale et l’encouragement de l’adhésion collective dans la perspective de former un front contre la corruption, de parachever l’adaptation des législations nationales aux conventions internationales de lutte contre la corruption, de veiller à l’application de nombreuses dispositions juridiques et à assurer une complémentarité entre les mécanismes répressifs, préventifs, éducationnels et de communication.

 L’intervenant a présenté, dans ce sens, un document sur le cadre institutionnel de lutte contre la corruption au Maroc, citant à titre exemple les mécanismes de travail, de contrôle et d’audit du Parlement, de la Cour des comptes, ainsi que d’autres organes et juridictions spécialisés.

 Il a, également, mis l’accent sur les mécanismes de communication entre citoyens et institutions étatiques, notamment le Parquet et le ministère de la Justice, ainsi que sur les outils de travail de Diwan Al Madalim et de l’ICPC et des Associations de la société civile.

 Dans une déclaration à la MAP, M. Alaoui s’est félicité de l’expérience marocaine qui est “plus avancée” par rapport à d’autres pays vu les organes de contrôle dont dispose le Royaume, rappelant que l’ICPC est distinguée par son ouverture sur la société civile et son autonomie.

 Il a fait savoir que l’ICPC se penche actuellement sur un travail permettant l’approfondissement de la connaissance et l’évaluation objective du phénomène, et l’instauration de bases de transparence au niveau des secteurs public et privé.

Le responsable a fait état de certaines “lacunes” sur le plan juridique qui exigent la promulgation d’une législation sur le droit d’accès à l’information et la protection des témoins et des dénonciateurs de cas de corruption pour répondre aux exigences de la Convention internationale.

Cette rencontre a été aussi l’occasion pour débattre des stratégies de lutte contre la corruption dans divers pays.

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